Date: 01.05.2015

“La déflation, un phénomène durable, quelles solutions durables ?”

Considérée par la majorité des banques centrales comme objectif prioritaire, la stabilité des prix apparaît de plus en plus menacée. Après avoir dû lutter au XXE siècle contre l’inflation, les autorités monétaires doivent dorénavant faire fac à la déflation. Suite à la réduction sensible de leur taux d’expansion au cours des 15 dernières années, les indices des prix à la consommation ne progressent plus pour même reculer dans certains pays.

Incrédules, la majorité des investisseurs apparaissent pétrifiés pour ne pas dire désemparés pas l’ampleur  de ce nouveau type d’instabilité, alors que les prémices de la déflation se sont manifestées depuis fort longtemps. Les premiers symptômes sont apparus il y a plus de 20 ans à travers la baisse de la productivité et le vieillissement de la population, tous deus signes avant-coureurs du recul structurel de la croissance à long terme des économies développées. Après avoir été affectés par des  variations induites par des demandes temporairement excédentaires, les cycles économiques ont été ensuite influencés par l’émergence d’offres excédentaires stigmatisées par la récession qui a suivi l’éclatement de la bulle sur les valeurs technologiques, confirmant contrairement aux attentes la baisse de la rentabilité du capital.

 Nouveau paradigme

En novembre 2001, l’adhésion de la Chine à l’OMC entérina la globalisation de l’économie mondiale et la baisse inexorable des coûts salariaux avec l’arrivée de plus de 600 millions de nouveaux travailleurs. Aux yeux du président de la Réserve fédérale de l’époque, Alan Greenspan, nous assistions à la naissance d’un nouveau paradigme, la croissance  sans inflation, justifiant la baisse sensible des rendements obligataires et le maintien de politiques monétaires historiquement accommodantes. Le recul très prononcé des taux d’intérêts à long terme observé dès 2003 n’était cependant pas le fruit exclusif de l’accumulation des réserves  de changes de la Banque populaire de Chine. Le recul brutal du loyer de l’argent par rapport  à son niveau d’équilibre fut l’origine de la création monétaire excessive responsable  tout d’abord de la bulle immobilière américaine, puis des effets de leviers considérable utilisés au sein du système bancaire et du niveau d’endettement trop élevé des Etats, en Europe notamment. 

Sous l’effet du resserrement temporaire des conditions monétaires, l’économie mondiale dut faire face en 2008 à une crise financière sans précédent initiée par l’implosion du financement de la dette hypothécaire américaine, les « subprimes ». Malgré les mesures exceptionnelles prise à la fois par les banques centrales et les gouvernements, l’économie mondiale  fur confrontée, sous l’effet de la contraction subite de l’offre de crédit, à l’une des récessions les plus importantes de son histoire. Nonobstant le redressement rapide de la croissance de la zone émergente entre 2009 et 2010, les excédents de ressources productives n’ont  pas pu résorbés et demeurent à ce jour encore très élevés, les relances budgétaires étant prohibées par un endettement public excessif.

Baisse de la productivité, recul de la croissance, globalisation, vieillissement de la population, désendettement du secteur privé et public. Sous-utilisation des facteurs de production sont les  forces structurelles déflationnistes auxquelles  l’économie mondiale doit faire face. À travers la baisse des cours des matières premières, le coût de l’ensemble des ressources productives se réduit à la fois dans les pays développés, mais aussi dans les nations émergentes. La déflation est désormais un phénomène global et puissant qui ne peut être que durable. 

Pour faire face à ce nouveau déséquilibre représenté par la réduction inexorable des prix, les banquiers centraux ont été contrains de mettre en œuvre des politiques dites «  non conventionnelle » caractérisée à la fois par la réduction de leurs taux directeurs à des niveaux planchers et par l’achat de papiers-valeurs privés ou publics. Leur objectif est de permettre une diminution du loyer de l’argent sur l’ensemble des types de financement et d’enrayer les anticipations déflationnistes  en favorisant une augmentation des agrégats monétaires et une déprécation des taux de change. 

Les investisseurs, qu’ils soient privés ou institutionnels, sont ainsi confrontés à la baisse séculaire des rendements nominaux de leurs actifs sans pour autant bénéficier d’une diminution de leur volatilité. Dans un environnement déflationniste, les processus  de désendettement provoquent des chocs systématiques et les excédents d’offre monétaire induisent des distorsions de valorisation sur les marchés financiers et de fortes variations sur les devises.

 QUELLES SOLUTIONS ?

 Quelles solutions peuvent être préconisées aux investisseurs pour faire face au recul généralisé de la rentabilité nominale de leurs placements tout en restant confrontés à des variations monétaire er boursière importantes ? Pour permettre à leur portefeuille de conserver une rentabilité nominale équivalente, il s’agira de réduire structurellement les expositions sur les obligations dont les revenus sont devenus insuffisants et d’augmenter les investissements offrant des rendements plus élevés, soit en se positionnant sur des classes d’actifs plus rémunératrices telles que l’immobilier ou les actions. Afin de pouvoir effectuer ces arbitrages sans devoir accroître de façon trop sensible les probabilités  de moins-values, il faudra définir deux allocations tactiques, l’une permettant de gérer à la fois les risques sur les actions et les taux d’intérêt, l’autre de minimiser les pertes sur les changes. La gestion dynamique des expositions sur les marchés et les devises pourra s’effectuer à travers la mise en œuvre d’overlays (gestions superposées).

 

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